La décision d’inviter l’Asbl Garance pour un atelier à destination des femmes vivant le racisme nous a semblé nécessaire. Nous remercions chaleureusement l’Asbl Garance pour avoir décidé de réaliser cet atelier de façon gracieuse. L’atelier était animé par Irène Zeilinger, qui nous a appris comment ne pas s'épuiser face au racisme et au sexisme ordinaires. Il existe des techniques très simples.

Un stage, mais différentes attentes

Neuf femmes au total étaient présentes à l’atelier. Chacune y expose ses attentes : atténuer la charge raciale, savoir réagir quand une personne lui coupe constamment la parole, se débarrasser de ses petites hontes, comme celle de ne pas avoir su réagir quand elle a été victime d’un commentaire raciste. 

En introduction, Irène nous assure : « Cessez la double peine en vous demandant si vous êtes légitime à vous sentir agressée. Votre cerveau a tellement accumulé de choses émanant de votre histoire, de celle de vos parents, où les commentaires racistes ou sexistes étaient reniés, que quand il ressent une agression, automatiquement, il vous fait vous demander si vous faites bien de la ressentir. On arrête fait confiance à ses émotions ».

Défense verbale : la technique de l’intervention paradoxale

« On nous conditionne à penser que si on se défend, il y aura escalade. C’est faux », explique Irène. On continue avec l’exercice de « l’intervention paradoxale », des phrases type complètement décalées par rapport à la situation, qui sont sensées laisser votre interlocuteur déconcerté : « Il y a tout ce que vous voulez aux Champs-Élysées » quand par exemple un automobiliste vous insulte. Ou bien « directement impliquer les gens autour de vous. Pointez-les : toi avec le pull bleu, tu peux dire au monsieur d’arrêter ? Toi avec tes lunettes, tu peux appeler la police ? Toi avec ton sac jaune, je peux m’asseoir à côté de toi pour que ce mec arrête de m’emmerder ? » Dans le cas où vous êtes témoin d’une agression, « allez parler à la victime » et faites diversion. En lui parlant de n’importe quoi, même si ce qui sort de votre bouche, c’est la météo du jour.

L’efficacité de l’atelier réside dans le fait que les vécus des participantes en est le point de départ. Nous avons pu développer et tester différentes stratégies de prévention à la violence verbale ou physique dans un contexte de sécurité pour trouver les moyens qui nous conviennent, tout en respectant nos choix personnels.

Covid oblige, nous avons eu le grand privilège d’occuper le salle polyvalente du forum Geeseknapchen, situé entre la gare de Luxembourg-ville et l’autoroute du sud.

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